AGIR PROSTITUTION Les Verts    
Chroniques, compte rendus et actions Revue de Presse Paroles de prostitué-e-s Documents de référence Le Groupe Prostitution et Les Verts Communiqués de presse  






PARIS (AFP) : Prostituées : l'Assemblée contre la pénalisation des clients

mardi 21 janvier 2003

Les députés ont longuement débattu jeudi du problème de la prostitution en s'interrogeant sur une éventuelle pénalisation des clients, qui a finalement été écartée après avoir divisé tant la gauche que la droite. Abordant le volet du projet de loi pour la sécurité intérieure consacré aux nouvelles incriminations, les députés se sont attardés sur cette question à l'occasion d'un amendement déposé par l'ancienne présidente PS de la délégation aux droits des femmes, Martine Lignières-Cassou, qui proposait d'instaurer une amende 3.750 euros pour les clients de prostituées. "Il faut interpeller le troisième acteur" de la prostitution que sont les clients, a-t-elle déclaré après avoir évoqué les prostitués et les proxénètes, tout en ajoutant qu'il ne fallait pas les "stigmatiser" mais leur infliger une sanction "symbolique". Ségolène Royal s'est aussi prononcée pour une pénalisation des clients, mais seulement au terme d'un "gigantesque travail pédagogique". L'ancienne ministre socialiste a cité l'exemple de la Suède qui a réprimé les clients de prostituées après une quarantaine d'années de "travail d'éducation". A droite, Christine Boutin (UMP) s'est également étonnée que "rien ne soit proclamé" dans le projet de loi "contre les clients", et a proposé (avant de revenir sur son initiative) de leur imposer un "traitement médical ou psychologique". En revanche, le rapporteur du texte, Christian Estrosi (UMP), a jugé la répression des clients "inadaptée et inefficace", ajoutant qu'elle conduisait à interdire "de facto la prostitution" et que la majorité "se contente d'agir contre les réseaux mafieux" en réprimant la "traite des êtres humains". Jean-Christophe Lagarde (UDF) s'est également élevé contre la pénalisation des clients, soulignant que "la prostitution mondaine ne sera pas touchée". Mais les critiques les plus vives contre l'amendement de Mme Lignières-Cassou sont venues des députés Verts, Noël Mamère accusant ses partisans de défendre "la prohibition" et d'ériger les clients en "boucs-émissaires" de leurs "propres renoncements". Pour l'ancien candidat à l'Elysée, "on ne peut pas réduire la prostitution à l'esclavage". Martine Billard (Verts, Paris) a pour sa part affirmé que la répression des clients allait "pousser à la clandestinisation" de la prostitution, "renforcer les réseaux et fragiliser les prostituées". Proposant une "démarche plus pragmatique", le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a défendu la suppression de la distinction entre racolage actif et passif - qui devait être examinée dans la soirée -, tout en reconnaissant qu'elle pouvait avoir "des conséquences non voulues". Mais, a-t-il affirmé, "en pénalisant le racolage, on pénalise le proxénète", qui va être frappé au portefeuille, et "pas la prostituée". "Moi, je ne vous propose pas d'éradiquer la prostitution, ma grande ambition est de contenir le phénomène" de la prostitution, a déclaré le ministre. Il a souligné que "les faits de proxénétisme ont augmenté de 30% en 2002" et que le nombre des personnes qui se prostituent en France est évalué entre "15.000 et 18.000". "Les grands absents de notre débat", a également souligné M. Sarkozy, ce sont ceux qui "rentrent (chez eux) entre deux colonnes de prostituées et de proxénètes", faisant une allusion à la prostitution dans les halls d'immeubles. Le ministre a indiqué au passage qu'il comptait porter les effectifs de l'Office central de répression de la traite des êtres humains (OCRTEH) de 18 à 50 et ceux de la Brigade parisienne de répression du proxénétisme, de 20 à 50.

Anne Souyris 06 16 55 56 59 a.souyris@wanadoo.fr







LOGO SPIP AGIR PROSTITUTION LES VERTS | EN RÉSUMÉ | PLAN DU SITE | ADMIN